Mardi 11 Décembre, 2018

35e commémoration de l'attentat du Drakkar à Beyrout

A l’occasion de la 35e commémoration de l’attentat qui a visé le poste Drakkar du contingent français de la Force multinationale de sécurité à Beyrouth le 23 octobre 1983, une cérémonie s’est tenue à la Résidence des Pins pour saluer la mémoire des 58 militaires français qui y ont trouvé la mort.

 

Présidée par l’Ambassadeur Bruno Foucher, la cérémonie a eu lieu en présence de l’ambassadrice des Etats-Unis et de l’ambassadeur du Royaume-Uni, du chef de la Force Commander Reserve de la FINUL et de militaires du contingent français, ainsi que de représentants des Français de l’étranger et d’associations d’anciens combattants.

Dans son allocution, l’Ambassadeur a rappelé l’engagement de la France pour un Liban libre, souverain, uni, et capable de répondre aux défis économiques et sécuritaires :

" 35 ans déjà que nous saluons la mémoire de nos soldats tombés au champ d’honneur, au Liban, le 23 octobre 1983.

Je voudrais, tout d’abord, remercier pour leur présence le Général de Brigade Hassan Haidar, représentant le Général de corps d’armée Joseph Aoun, commandant en chef de l’Armée libanaise, les conseillers consulaires des Français de l’étranger et les anciens combattants, toujours fidèles.

Nous sommes également honorés de la présence à cette cérémonie, à nos côtés, de nos alliés : Madame l’Ambassadrice des Etats-Unis, Monsieur l’Ambassadeur du Royaume-Uni, Madame la Première conseillère de l’Ambassade d’Italie, ainsi que leurs missions militaires.

Je remercie aussi le colonel Edel, chef de la « Force Commander Reserve », et les éléments du contingent français de la FINUL, pour leur participation à cette commémoration. Mon Colonel, votre détachement sous les armes rehausse cette cérémonie et honore nos morts. Je veux, par votre entremise, remercier tous nos soldats actuellement en mission au Liban qui agissent au service de la paix et de la stabilité, avec un professionnalisme et un savoir-faire maintes fois éprouvés. Qu’ils soient assurés de toute la confiance des autorités françaises pour leur engagement dans l’accomplissement d’une mission délicate et nécessaire.

Je remercie également nos proviseurs d’établissements scolaires, venus accompagnés d’une délégation de lycéens pour partager ce moment de recueillement. Je remercie, enfin, les chefs de service et tout le personnel de l’Ambassade et du Consulat général, venus nombreux, avec leurs familles.

Nous sommes réunis aujourd’hui pour rendre hommage à ces hommes, ces 58 soldats français, qui ont œuvré pour le retour de la paix au Liban et qui en sont morts, il y a 35 ans.

En 1983, le Liban traversait un conflit douloureux, meurtrier. Dans un contexte de guerre civile ouverte, les autorités libanaises avaient appelé la communauté internationale à l’aide par l’intermédiaire du Secrétaire général des Nations Unies. La Force Multinationale de Sécurité de Beyrouth (FMSB) avait été créée le 20 septembre 1982. Sa mission consistait à aider l’Armée libanaise à restaurer l’autorité du gouvernement et à assurer la protection de la population civile de Beyrouth et de ses alentours. Composée de 6000 hommes, Américains, Italiens, Britanniques et Français, cette Force s’était déployée dans de multiples postes militaires dans tout Beyrouth. Les soldats français étaient stationnés au Nord de l’aéroport, à Ramlet El Baida. L’immeuble baptisé « Drakkar » était l’un de ces postes.

Au matin du 23 octobre 1983, à 6h20, un attentat au camion piégé touche l’Aéroport International au Sud de Beyrouth : 241 militaires et marines américains périssent dans leur sommeil. Nous avons une pensée émue pour leur sacrifice et pour le deuil de leurs familles.

4 minutes plus tard à 6h24, c’est l’immeuble du Drakkar qui se soulève avant de s’effondrer : un camion chargé de plusieurs tonnes d’explosifs avait éclaté à l’entrée du Drakkar.

L’attentat-suicide est meurtrier. Malgré l’intervention rapide des sapeurs du 17e régiment de génie parachutiste arrivés sur les lieux pour fouiller les décombres des 9 étages du Drakkar, on ne dénombre que 15 survivants. 58 parachutistes français ont perdu la vie.

A l’heure où de nombreux jeunes Français servent avec courage et dévouement au Liban aux côtés de leurs compagnons d’armes libanais, mais aussi sur d’autres théâtres d’opérations dans le monde, c’est avec beaucoup d’émotion que nous commémorons aujourd’hui le 35ème anniversaire de ces attentats, qui ont pris la vie de dizaines de jeunes français et américains. Puissent ces événements nous rappeler que la démocratie, la liberté et la paix ne sont jamais acquises et que nous devons les défendre constamment, sans relâche. Je tiens ici à rendre hommage, au travers des trois officiers généraux libanais qui viennent à l’instant d’être décorés de la médaille de la défense nationale, à l’armée libanaise, qui a remporté en 2017 une victoire contre le terrorisme.


Alors que le Liban est aujourd’hui indépendant et souverain, la France demeure à ses côtés, aujourd’hui comme hier, pour l’accompagner. Je tiens à souligner la constance de cet engagement, en particulier dans le domaine sécuritaire. Pour y travailler, nous avons besoin d’un gouvernement de plein exercice dont nous espérons qu’il pourra être formé très prochainement.

Mon Général, je vous prie de bien vouloir transmettre à nouveau aux plus hautes autorités libanaises ce message de soutien continu de la France, message que le Président Macron a d’ailleurs, une nouvelle fois, transmis au Président Aoun lors de leur récente entrevue à Erevan, en Arménie, à l’occasion du Sommet de la francophonie.

La France entend rester fidèle à ses valeurs et pleinement engagée pour un Liban libre, souverain, uni, en paix, capable de répondre aux défis économiques et sécuritaires actuels, dans le souvenir de ces 58 soldats français morts pour la France et morts pour le Liban.

 

Vive la France, vive le Liban, vive l’amitié franco libanaise !

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